ateliers de création-recherche in situ .

Marches créatives

Les marches créatives constituent différentes déclinaisons d'un atelier de création-recherche in situ, proposé en tant qu'expérience collective de création artistique et de recherche de terrain.

 

Ces ateliers sont développés avec le laboratoire de recherche en art LARA-SEPPIA (Université de Toulouse - Jean Jaurès), notamment dans le cadre du séminaire doctoral de Création-recherche sur le thème de la déambulation.

friches urbaines : déambulation dans les îles toulousaines

 

Atelier de création-recherche in situ sur le thème des friches urbaines, en juin 2022 à Toulouse,

en avant-première du séminaire "création-recherche" de l'École doctorale Allph@ sur le thème de la déambulation (2022-2023).

Avec Olga Panella et Anne-Charlotte Baudequin, LARA-SEPPIA (Université de Toulouse - Jean Jaurès).

Cet atelier de recherche-création est une proposition d’expérimentation artistique collective, à partir d’une marche d’une journée dans la ville de Toulouse. À travers l’exploration créative des îles toulousaines et de leur patrimoine industriel en transition vers une réhabilitation complète du quartier, nous posons nos regards d’artistes-chercheur.euse.s dans cet interstice entre passé et futur, en croisant les histoires de ces lieux avec les traces,
ruines et vestiges en flottement dans ce temps d’arrêt avant destruction. Nous interrogeons aussi les dynamiques du vivant à l’œuvre dans ces lieux en friches, à travers la visibilité des dynamiques écologiques (végétal sauvage, animaux féraux ou liminaires...) et sociales (promenade, sport, graff, squat, urbex...).


Durant cette marche, invitant tout en lenteur la découverte d’un site, les déambulateur.ices sont invité.es à noter, récolter, écrire, photographier, enregistrer... pour exprimer artistiquement leurs ressentis. Ce temps collectif d’observation, d’expérimentation et de partage permet de croiser nos diverses méthodes de création artistique, de recherche et de pensée, en expérimentant ensemble autour de la sérendipité comme pratique de recherche à partir d’un terrain sauvage (dans son sens étymologique, c’est à dire « qui survit »).


Le trajet proposé comprend quatre arrêts qui permettront des explorations des lieux, un temps de création collective libre, et des échanges : l’Îlot de Banlève, le restaurant universitaire Daniel Faucher, les vestiges en friche du Parc des expositions, et la face cachée de l’Île de la Poudrerie. Chaqun.e est invité.e à s’approprier ce temps de création collective avec ses propres médiums : dessin, photographie, aquarelle, écriture, captation sonore, audiovisuelle ou olfactive, danse, chant...

Nous avons donc déambulé ensemble, le 21 juin 2022, dans les îles toulousaines, pour explorer de manière créative la richesse cachée de ces lieux en friche. Une quinzaine de personnes, artistes, chercheurs et autres (et un chien), ont participé à cette aventure : il y avait non seulement des membres de notre laboratoire (le LARA-SEPPIA), mais aussi d’autres laboratoires de l’Université de Toulouse 2, de l’ISCID, ainsi que des personnes extérieures à ce petit monde de la recherche en art, notamment une graphiste, une illustratrice et un retraité, la plupart ayant participé à l’ensemble de la journée. 

 

Après un temps de rassemblement et de présentation de l’atelier au théâtre de verdure du Ramier, nous avons traversé l’îlot de Banlève puis continué à marcher vers le Sud sur l’île du Ramier, avec quelques pauses pendant lesquelles Olga nous racontait l’histoire de ces îles, de leur aménagement, abandon et réaménagement, à partir de lieux particuliers (comme l’Institut de mécanique des fluides ou l’ancien parc des expositions). Nous avons fait un premier arrêt devant la piscine Nakache, où chacun a eu le temps de commencer ses notations / créations. Après une marche un peu plus longue, nous avons fait un deuxième arrêt au restaurant de l’ancienne cité universitaire Daniel Faucher, bâtiment désaffecté aujourd’hui en état de ruine et haut lieu du graffiti toulousain. C’est ici qu’un des participants, faute de pouvoir prendre plus de photos, a commencé à écrire puis interroger chaque participant sur nos ressentis en ces lieux. Nous nous sommes ensuite arrêtés plus longuement au parc de la Poudrerie, ce qui a été l’occasion de partager un pique-nique convivial sous les grands arbres (avec le petit verre de vin partagé), avant de se disperser pour un temps de création (ou de sieste) plus individuel. Nous avons repris vers 15h notre parcours, en traversant et en longeant un charmant canal, bordé d’anciennes fabriques de poudre. Nous avons enfin remonté la rive ouest de l’île, le long de la Garonne, avec un dernier temps de création sur un petit sentier couvert d’une végétation foisonnante à l’ombre bienvenue. Notre dernier point d’arrêt, sur une terrasse au nord de l’île avec vue sur la Garonne et le centre-ville, a été consacré à la mise en commun de nos expérience, chaque participant présentant ses ressentis et ses créations avec l’ensemble du groupe. 

 

Nous avons pu apprécier la diversité des pratiques artistiques engagées : dessin, aquarelle, croquis au mirographe, enregistrements sonores, photos, écriture, relevés de couleurs (et de plantes) et empreintes de textures sur papier… Sans oublier que durant tout ce parcours, Olga nous a guidés et présenté l’histoire des lieux, Anne-Charlotte et moi-même ayant gardé trace de cette expérience sous forme sonore et photographique. Cette expérience et les productions réalisées durant cette journée seront présentées lors d'une séance du séminaire "Création-recherche, recherche-création" de l'école doctorale Allph@, qui portera pour l'année 2022-2023 sur le thème de la déambulation, ainsi que dans une publication originale.

écopoétique urbaine : marche dans Toulouse

 

Atelier de création-recherche in situ sur le thème de l'écopoétique urbaine, en avril 2019 à Toulouse.

 

Avec le laboratoire LARA-SEPPIA (Université de Toulouse - Jean Jaurès).

Cet atelier constitue un mise en oeuvre collective du principe de recherche par la création artistique propre à notre laboratoire de recherche en art. Une dizaine de personnes (dont six membres du laboratoire) a ont travaillé ensemble durant une journée, suivant un parcours en plein air dans le centre-ville de Toulouse. Il s’agit également d’un atelier expérimental d’écoformation, pour voir comment la marche et la pratique artistique peuvent favoriser le partage d’une vision du monde écologique, à travers l’expérience sensible de nos milieux de vie.


La thématique de l’écopoétique urbaine évoque une approche sensible et poétique de la ville, informée par des savoirs écologiques. La ville est perçue en tant que milieu de vie partagé entre les humains et d’autres êtres vivants : animaux et végétaux, plus ou moins domestiqués ou sauvages. Nous sommes partis à la rencontre de ces êtres en marchant, carnet de croquis et appareils photo à la main, cherchant comment les paysages urbains peuvent être perçus comme habitat pour chacun d’eux.


C’est par la pratique du dessin, de l’aquarelle ou de la photographie que chaque artiste a étudié les divers milieux que nous avons traversés. Ces créations témoignent du travail de recherche engagé par chacun d’entre nous pour réajuster notre regard sur la ville selon une optique écologique, à travers une expérience poétique. Elles constituent aussi des créations originales invitant le public à reconsidérer son milieu de vie quotidien avec une perception plus sensible et moins anthropocentrée.